Le guide du parent solo
Le guide suivant est l’œuvre
d’Anne charlotte Watrelot-Lebas,
Juriste de formation et titulaire d’un DESS de droit notarial.
Après
avoir travaillé 6 ans dans un important cabinet d’avocats lillois,
elle
assure des cours de droit dans des écoles d’enseignement supérieur.
Depuis le début du XX ème siècle, le modèle familial a progressivement éclaté,
d’abord par la décohabitation des générations, puis par la séparation
conjugale.
Ce n’est plus le couple qui est au centre de la famille, mais l’enfant.
L’origine de cette monoparentalité a considérablement évolué.
Si dans les années 60, veufs et veuves représentaient 50 % des cas, aujourd’hui
ils sont classés en dernière position et ne constituent plus que 11 %
des mono parents, après les divorcés ( 49 %), les mono parents issus
de rupture de concubinage ou de PACS ( 25 %), et les mères célibataires
( 15 %).
La monoparentalité entraîne, dans la vie quotidienne, un réel bouleversement
psychologique mais également juridique.
Que ce soit dû à un divorce, à la rupture d’un concubinage, d’un PACS, à un
veuvage ou simplement par choix de vie, le monoparent va devoir faire
face à une multitude de difficultés et notamment :
En matière de logement
Pour les personnes divorcées ou séparées de corps, plusieurs situations
peuvent se présenter :
- Si le logement de la famille appartient en commun ou en indivision
aux deux époux, le juge peut l’attribuer préférentiellement à l’époux
chez qui le ou les enfants ont leur résidence habituelle, moyennant
une contrepartie financière (sorte de loyer) appelée « indemnité d’occupation » pendant
la procédure de divorce, puis « soulte », une fois le divorce
prononcé.
- Si le logement appartient en propre à un seul des époux, le juge peut
décider de le donner à bail à l’autre époux, dans trois cas :
- S’il exerce seul l’autorité parentale, sur un ou plusieurs
enfants
- Si les enfants résident habituellement dans ce logement
- Si le divorce a été prononcé à la demande de l’époux propriétaire
pour rupture de vie commune.
- Si le logement de la famille était en location, le juge attribuera le
logement de la famille à l’époux chez qui le ou les enfants ont leur
résidence habituelle, peu importe que le bail ait été conclu par l’un
ou par l’autre des époux.
En cas de rupture de concubinage ou de PACS :
- Si le logement de la famille était en location et que le bail n’avait été conclu
que par un des deux partenaires pacsés, le bail se poursuit au profit
de celui qui reste dans les lieux, après le décès du titulaire
du bail.
- Pour les concubins, la situation est plus délicate si le bail n’a été conclu
que par l’un d’entre eux. En effet, dans ce cas l’autre concubin n’a
aucun droit sur le logement sauf :
- S’il justifie au départ ou au décès de son concubin (titulaire du bail)
que le concubinage était notoire et qu’il occupait le logement depuis
plus d’un an avec son concubin.
- Lorsque les concubins sont co-titulaires du bail, le départ ou le
décès
de l’un d’entre eux a pour conséquence que le bail se poursuit
au profit de celui qui reste dans les lieux. Le concubin
qui quitte le logement
devra en informer le propriétaire par lettre recommandée
avec accusé de
réception, à défaut le propriétaire pourra continuer à lui
réclamer
le paiement des loyers.
- Lorsque concubins ou partenaires pacsés ont acquis en commun un logement,
l’acte d’acquisition fixe les droits de chacun sur le logement, droit
qui seront les mêmes au jour de la séparation.
- Lorsque le logement appartient en propre à l’un ou à l’autre des concubins
ou partenaires pacsés, l’autre concubin ou partenaire n’a aucun droit
sur le logement et devra quitter les lieux après la séparation ou le
décès.
En cas de décès du conjoint :
- Si le logement était en location , le bail
se poursuit au profit du conjoint survivant.
- Si le logement appartenait aux deux époux, le conjoint survivant
a de plein droit la jouissance du logement et du mobilier.
- Si le logement appartenait en propre au défunt, il entre dans la succession,
le conjoint survivant devra en demander l’attribution préférentielle.
A noter :
Quelque soit l’origine de la rupture ou de la séparation, n’oubliez
pas d’ informer votre assureur par lettre recommandée avec accusé de
réception du changement du titulaire du contrat d’assurance habitation.
En
matière de prestations familiales :
Le divorce, le veuvage, la rupture de PACS ou de concubinage et
le statut de mère célibataire ouvrent droit au bénéfice des nombreuses
prestations familiales. Certaines sont communes à chaque parent quelle
que soit sa situation, d’autres sont plus spécifiques à la monoparentalité.
Les allocations d’entretien, telles que les allocations familiales,
le complément familial, l’allocation pour jeune enfant, la prime à la
naissance ou à l’adoption, l’allocation de rentrée ne différent pas selon
que vous êtes ou non parent solo, tout comme les prestations liées à la
garde des enfants.
Par contre le parent solo pourra, sous certaines conditions de ressources
solliciter de la CAF :
- -L’allocation de parent isolé, pour un montant de 707,19 euros
par mois pour un enfant (avec une majoration de 176,8 euros par enfant
supplémentaire).
Formulaire CERFA n° 10603*03
- L’allocation de soutien familial, pour un montant mensuel entre 79,17
et 105,55 euros. Formulaire CERFA n° 12038*01
- L’allocation personnalisée au logement, formulaire CERFA n° 10840*03
- L’allocation de logement social, formulaire CERFA n° 10848*03.
Quelque soit l’origine de la rupture (divorce, veuvage, rupture de
PACS, rupture de concubinage) vous devez notifier votre changement de
situation à l’organisme qui vous verse les prestations familiales (CAF,
MSA…) au moyen du formulaire CERFA n° 11423*03 « déclaration de
situation ».
Il vous appartiendra également de déterminer, sauf en cas de veuvage,
lequel des parents sera l’allocataire et ce au moyen du formulaire CERFA
n° 603571.
La protection sociale :
Lorsque les deux conjoints, partenaires pacsés, concubins exercent
une activité professionnelle, chacun est affilié à un régime de protection
social qui lui est propre, le divorce, la séparation ou le veuvage n’ont
donc aucune incidence sur leur protection sociale.
Par contre le conjoint, le partenaire pacsé ou le concubin qui n’a
pas d’activité professionnelle n’a pas de protection sociale qui lui
est propre il est ayant droit de son conjoint partenaire ou concubin.
Le divorce ou la séparation a donc des conséquences sur l’ayant droit
qui conservera cette qualité pendant 4 années ( à vie si trois enfants
sont nés de l’union). L’ayant droit perdra cette qualité s’il reprend
une activité professionnelle ou s’il devient ayant droit d’un autre assuré social.
Au-delà du délai de 4 ans, la qualité d’ayant-droit disparaît, il
vous faudra vous affilier au régime général de la sécurité sociale au
titre de la couverture maladie universelle. La demande est à présenter à la
CPAM, au moyen du formulaire CERFA n°11419*03.
Les enfants :
La rupture de la relation des parents entraîne d’importantes conséquences
pour les enfants, non seulement psychologiques mais également juridiques.
Sur le plan purement juridique, le jugement de divorce ou de séparation
de corps fixera les règles pour les enfants :
- Exercice de l’autorité parentale
- Lieu de résidence habituelle des enfants
- Conditions d’exercice du droit de visite et d’hébergement
- Pensions alimentaires.
Toutes les décisions relatives aux enfants ne sont jamais définitives.
En effet, en cas de changement important dans votre situation (professionnelle,
financière, familiale…), vous pouvez toujours solliciter du juge aux
affaires familiales une modification des mesures relatives aux enfants
(s’il en va de leur intérêt).
EX : en cas de mutation professionnelle, vous pouvez demander
une modification du droit de visite et d’hébergement.
En cas de décès :
Le parent survivant assumera seul l’autorité parentale.
En cas de rupture de PACS ou de concubinage :
Les parents ont tout intérêt à faire valider les mesures décidées
pour les enfants ( pension alimentaire, droit de visite et d’hébergement…)
par requête présentée au juge aux affaires matrimoniales du tribunal
de grande instance du lieu de résidence des enfants.
En cas désaccord entre les parents sur les mesures relatives aux enfants,
le plus diligent d’entre eux pourra saisir le juge aux affaires
familiales, aux fins de fixer les mesures relatives aux enfants.
La retraite
L’ex-conjoint ou le conjoint séparé de corps pourra dans certains
cas bénéficier de la pension de réversion de son ex-conjoint. Il devra :
- avoir au moins 55 ans
- ne pas être remarié
- avoir été marié 2 ans au moins ou avoir eu un enfant
- ne pas avoir de ressources personnelles supérieures au
SMIC
La pension de réversion se partage entre le conjoint survivant et
les ex-conjoints, au prorata du nombre d’années de mariage.
- En matière de PACS et de concubinage, le survivant n’a aucun droit à la
pension de réversion de son partenaire ou concubin prédécédé.
- En matière de veuvage, vous pouvez bénéficier, sous certaine conditions,
de la pension de réversion de votre conjoint prédécédé. Les conditions
d’attribution et les montants dépendent du régime auquel était affilié le
défunt (régime général de la sécurité sociale, régime cadre, régime commerçant
et artisan, régime profession libérale, régime agricole…).
La succession :
En matière de divorce :
Après un divorce les ex-époux n’ont aucun droit à la succession
l’un de l’autre.
En matière de PACS et de concubinage :
En l’état actuel de la législation, les partenaires pacsés et
les concubins n’ont aucun droit à la succession l’un de l’autre.
Pour pallier ce vide juridique, les concubins ou partenaires pacsés
peuvent se faire des donations (de leur vivant) ou des legs (
par testament).
Ces donations ou legs doivent respecter les droits des descendants
et ascendants.
Ces donations ou legs entre concubins et partenaires pacsés sont soumis à une
imposition extrêmement élevé ( de 40 à 60 %) et un abattement fiscal
minime ( 57 000 euros pour les partenaires pacsés et 1 500 euros
entre concubins).
En matière de décès du conjoint :
Le conjoint survivant n’est pas héritier réservataire, ses droits
dépendent en partie de la présence de descendants ou d’ascendants.
E l’absence de donations entre époux et de testament, le conjoint
survivant aura le choix entre :
- 1 /4 des biens en pleine propriété
- la totalité des biens en usufruit.
Vie pratique :
Le nom :
A compter du 1er janvier 2005, le principe en matière de
divorce est que chacun des époux perd l’usage du nom de son conjoint.
L’enfant pourra recevoir, quant à lui, soit le nom de son père, soit
le nom de sa mère soit les deux noms accolés.
La veuve pourra conserver l’usage du nom de son mari et ce jusqu’à ce
qu’elle se remarie.
Le remariage :
La veuve et la femme divorcée devront attendre 300 jours pour
se remarier, c’est ce que l’on appelle le délai de viduité, qui permet
d’éviter toute discussion de paternité éventuelle.
L’employeur :
Vous devez informer votre employeur de tout changement
important dans votre vie : divorce, décès du conjoint….
Vous devez également en cas de décès de votre conjoint ou partenaire
pacsé en informer son employeur.
Le décès ouvre droit à des jours d’absence autorisés.
La sécurité sociale :
Vous devez notifier votre changement de situation à la caisse primaire
d’assurance maladie.
Ce changement modifie vos droits.
En cas de veuvage, vous pouvez notamment bénéficier du capital décès,
de l’assurance veuvage…
Vous devez également notifier le décès de votre conjoint aux caisses
de retraite.
Les comptes bancaires et abonnements en cours :
Vous devez informer votre banque en cas de divorce, décès…
Il vous appartient également de faire modifier le nom sur les différents
contrats : gaz, téléphone, assurances…
Conclusion :
Ce guide présente de manière exhaustive, tous les droits du parent
solo, en distinguant chacune des situations qui conduisent à la monoparentalité.
Il comprend des formulaires expliqués et de nombreuses adresses permettant
au parent solo de faire respecter ses droits.
L’ouvrage permet aux parents solos mais aussi à leur entourage
de connaître leurs droits et obligations, tout en facilitant l’ensemble
des démarches administratives, fiscales et juridiques.
Ce guide de 288 pages ( dont 70 pages de formulaires), paru aux éditions
du puits fleuri est disponible en librairie au prix de 19,80 euros.
Bonne lecture.
Appareil Photo Numerique : la top sélection d'Ask
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