LES ENFANTS ET LE DIVORCE
Cette page a été rédigée par l'équipe de Psychiatry
star
pour l'American Academy of Child and Adolescent Psychiatry *
Elle est traduite et mise à jour par Emmanuelle Stephan, MD.
Souvent les parents qui divorcent sont inquiets des conséquences
éventuelles que cela peut avoir sur leur enfant. Les parents même
s'ils sont préoccupés par leurs propres problèmes,
se rendent le plus souvent compte qu'ils sont les personnes les plus importantes
de la vie de leur enfant.
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Lors du divorce, les parents peuvent s'effondrer ou se sentir libérés;
les enfants, eux, seront toujours à un moment ou un autre
dans la peur ou la confusion, en raison de la menace que cela représente
pour leur sécurité. Certains parents se sentent tellement
blessés ou débordés lors du divorce qu'ils
peuvent s'adresser à l'enfant pour obtenir réconfort
ou conseil. Le divorce peut être mal interprété
par l'enfant, surtout si les parents ne leur disent pas ce qui va
arriver et ce en quoi ils sont ou non impliqués dans ce qui
arrive.
Les enfants pensent souvent qu'ils sont la cause des conflits entre
leur père et leur mère. Beaucoup d'enfants prennent
la responsabilité de réconcilier leurs parents, parfois
en se sacrifiant à cette cause. Le traumatisme causé
par la perte d'un ou des deux parents dans le divorce peut être
à l'origine d'une vulnérabilité particulière
aux maladies physiques ou aux troubles mentaux. Toutefois, à
condition de porter une attention particulière aux enfants
et de prendre soin d'eux, les forces d'une famille peuvent se mobiliser
à cette occasion et les enfants peuvent être aidés
afin de faire face à cette situation de façon constructive,
quelles que soient les solutions trouvées aux conflits parentaux.
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Les parents devront être sensibles à toute manifestation
durable de stress chez leur enfant. Les plus fréquentes sont la
perte de motivation pour l'école et l'incapacité à
avoir des amis ou à s'amuser. D'autres signes peuvent inquiéter,
comme un sommeil trop long ou trop court ou l'apparition d'une opposition
systématique et de colères en famille.
Les enfants ont besoin de savoir que leur père et leur mère
seront toujours leurs parents, même si le mariage se termine et
si leurs parents ne vivent plus ensembles. Les conflits prolongés
à propos de la garde des enfants ou les pressions sur l'enfant
pour prendre parti pour l'un ou l'autre peuvent être particulièrement
douloureux pour les jeunes et peuvent se surajouter aux dommages provoqués
par le divorce.
L'implication effective des parents dans le bien-être de leur enfant
est vitale pour ce dernier. Si un enfant présente des signes de
stress, le médecin de famille ou le pédiatre peut évaluer
et traiter les symptômes causés par ce stress. Le psychiatre
pour enfant et adolescent peut aussi rencontrer les parents afin qu'ils
apprennent à construire une réponse qui diminue les contraintes
inhérentes au divorce pour chacun dans la famille.
Fin de l'article de * L'Académie Américaine de Psychiatrie
de l'Enfant et de l'Adolescent.
Les parents doivent donc absolument préserver leurs enfants et
ne pas les prendre en otages, ni jamais se dénigrer l'un et l'autre
devant leurs enfants.
Nous ne dirons jamais assez que les enfants ne sont pas responsables de
la séparation, et qu'aucun des 2 parents ne peut tenir en même
temps les rôles du père et de la mère.
Mais pour leur garder leurs chances, les parents auront su s'abstenir
de mêler leur progéniture à leurs querelles. Ils auront
évité de se disputer devant eux, ils expliqueront qu'ils
restent, quoi qu'il arrive, la mère et le père pour toujours.
Même si nombre de ces derniers ne voient plus du tout leurs
enfants après quelques années, les pères présents
le sont cependant de plus en plus. Et ils sont exigeants sur le partage
légitime des droits parentaux.
Ils ont participé aux naissances, ont préparé
les biberons et servi les petits pots ( 63 % ). Ils ont changé
les couches ( 55 % ) et profité des congés en famille.
Ceux là sont non seulement prêts, mais volontaires pour
continuer à assumer leurs rôles.
Les modifications actuelles des lois sur la famille les aideront
à retrouver un équilibre encore imparfait.
Mais tout cela ne suffira pas aux pères pour garder leurs
rôles. Mariés ou séparés, seuls 23 %
se rendent aux réunions d'élèves, et 22 % aident
leurs enfants à préparer leurs valises.
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Le divorce, il faut le dire, n'a d'ailleurs pas que des conséquences
néfastes pour les enfants :
- Avoir des parents qui se séparent n'est malheureusement pas
l'épreuve la plus dure qu'un enfant puisse connaître. Même
si les exemples suivants ne peuvent être comparés les uns
aux autres : Les querelles à répétition, l'inceste,
l'alcool peuvent faire plus de mal. A notre connaissance, aucune étude
n'a démontré que les enfants de divorcés seraient
moins heureux que ceux de l'assistance publique ou que ceux qui sont frappés
par leurs parents par exemple.
- Avec 40 années de recul depuis le développement des divorces,
il est possible de dire que ces enfants, devenus adultes, ne sont pas
plus hostiles à la vie de couple, ni au mariage, ni à la
maternité que les autres. Et ils ne divorcent pas plus !
- En revanche, ils savent que le mariage n'est pas éternel, qu'il
est fragile. Ils ont le souvenir des allers - retours, des valises toujours
prêtes, et peuvent chercher à éviter cela à leurs
propres enfants.
- Les enfants de séparés ou de divorcés tissent en
général de solides amitiés parmi les enfants de leur
âge, surtout s'ils sont dans la même situation. Il est arrivé
de voir ainsi de véritables petites communautés dans des
écoles, avec des enfants qui se reconnaissent, s'expliquent ce
qu'ils vivent et se remontent le moral. Ils vont parfois en week end ou
en vacances les uns chez les autres. Il y a tout de même une multitude
de familles recomposées heureuses, avec des enfants équilibrés
et forts de leurs expériences.
- Ces enfants, pour en finir, seraient souvent plus débrouillards,
capables de rebondir plus facilement sur les échecs, ils relativiseraient
plus aisément les petits soucis quotidiens.
Notre mission de parents consiste à permettre à nos enfants
d'acquérir les bases nécessaires à leurs développements,
à les accompagner pour qu'ils trouvent leurs propres voies, à
leur apporter la capacité d'analyse et de discernement pour qu'ils
fassent de bons choix pour leur propre avenir et les assument.
Le directeur de l'école de ma fille aînée rappelait
dernièrement :
" Souvenons-nous qu'ils ont besoin d'amour, et d'exigence :
Avec l'amour et sans exigence, nous les gâtons.
Avec l'exigence et sans amour, nous les cassons "
La séparation vue par Wallis ( 10 ans ½)
et Victoria ( 8 ans ) :
Ce questionnaire, amené intelligemment et sans pression, peut
être une bonne base de discussion mais attention : les enfants peuvent
dire ce qu'ils pensent de la séparation parce qu'ils sont concernés,
mais rappelons qu'il ne faut pas les inviter à prendre parti. Ils
ont besoin de garder une image intacte de leurs deux parents.
Gardez à l'esprit que des enfants sont centrés sur les
besoins primaires ( pyramide de Maslow ) : Physiologique et sécurité.
Pourquoi tes parents se sont ils séparés ?
Wallis : Parce qu'ils ne s'entendaient plus et ils ne voulaient plus
vivre ensemble. C'est tout ce que je peux dire.
Victoria : Parce qu'ils ne s'aimaient plus comme avant.
Comment vis-tu cette séparation maintenant ?
Wallis : Je m'y suis habituée : Pendant les semaines scolaires,
je vais dormir chez mon père le mercredi soir, et on passe un week-end
sur deux ensemble. Le reste du temps, je suis à l'école
et chez maman. Bien sûr, on prévoit toujours des activités
! Roller (papa), promenades en familles (surtout maman) ou entre amis
(surtout papa), musées (les deux)
En fonction des vacances, je vais chez ma grand-mère maternelle,
chez mes grands-parents.
Victoria : Quelque fois je pense au divorce ou je voudrais voir celui
qui n'est pas avec moi.
Qu'est ce qui te gêne ou te manque le plus ?
Wallis : Je trouve que je ne vois pas assez mon papa et ce n'est pas
très rigolo. Nous passons toujours quelques jours avec lui pendant
les vacances mais je trouve que ce n'est pas assez. Mais je n'ai aucune
autre solution à proposer, donc je m'adapte ! Je regrette un peu
les sorties en famille que l'on faisait à 4 ( mon père,
ma mère, ma sur et moi).
Victoria : Que je ne peux plus les voir en même temps.
Que penses-tu du divorce en général ?
Wallis : Je trouve que si c'est pour divorcer quelques années
après le mariage, ça ne sert à rien de se marier.
Bien sûr, on ne peut pas savoir ce qui va se passer dans le futur
!
Victoria : Je trouve que quand nos parents sont divorcés, ils
sont un peu seuls et qu'ils pourraient s'ennuyer parfois.
Que voudrais-tu changer dans ta vie ?
Wallis : Rien
Victoria : Rien du tout je suis bien comme ça.
Si ton papa ou ta maman, s'est remarié : Qu'en penses-tu ?
Wallis : Cela ne me plairait pas beaucoup parce que des inconnus viennent
tout changer dans notre vie. Mais, aucun de mes parents ne s'est remarié donc
je ne peux pas dire si c'est bien ou pas !
Victoria : Je pense qu'ils voulaient un peu de compagnie pour pouvoir
parler souvent avec une autre personne.
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