| Le texte suivant a été rédigé par l'équipe financière de Guidinvest.
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Incidences financières
de la liquidation du régime matrimonial
Le divorce entraîne la liquidation du
régime matrimonial. Quelles sont les conséquences de cette
liquidation sur la plupart des produits financiers (PEP, PEA, PEL, Assurance-vie)
qui peuvent constituer le patrimoine des époux ? Comment les époux
doivent-ils effectuer leurs déclarations d'impôt ? Quelles
sont les conséquences du divorce en matière de réversion
de la retraite ?
-A- La liquidation du régime
matrimonial quelques règles propres au divorce.
Comme pour le décès, le divorce
entraîne la liquidation et le partage de la communauté. La
liquidation va suivre les règles du régime matrimonial choisi
au départ par les époux. Ainsi, les biens considérés
personnels par le régime matrimonial reviennent à chacun
des époux, et les biens indivis ou communs sont partagés
entre eux.
Cependant, la loi prévoit que les donations
peuvent être révoquées à l'égard de
l'époux coupable, lorsque le divorce est prononcé pour faute,
ou à l'égard de celui qui a demandé le divorce en
cas de divorce pour rupture de la vie commune.
De même pour les avantages matrimoniaux
: souvent les clauses insérées dans les contrats de mariage
précisent que l'avantage matrimonial sera retiré à
l'époux bénéficiaire en cas de divorce.
-B- Divorce et incidences financières
-
Le plan d'épargne populaire
(PEP)
Ce placement est destiné à
une épargne de longue durée, il peut prendre la forme
d'un compte de dépôt (PEP bancaire) ou d'un contrat d'assurance
(PEP assurance).
Il ne peut être ouvert qu'un seul
PEP par contribuable et un pour chacun des conjoints soumis à
une imposition commune. De plus, l'ouverture d'un PEP sous forme de
compte joint n'est pas possible.
Le PEP peut être fermé à
tout moment (notamment en cas de retrait avant 10 ans), ou suite au
décès du propriétaire du plan,
mais le
divorce n'est pas une cause de clôture du plan.
-
Le plan d'épargne en actions
(PEA)
Le PEA permet de se constituer un portefeuille
d'actions en bénéficiant d'une exonération d'impôt
sur la plus-value. Un seul plan peut être ouvert par contribuable,
ou un pour chacun des époux soumis à une imposition
commune. Comme pour le PEP, l'ouverture d'un compte joint est impossible.
Le plan peut être fermé en
cas de retrait avant 8 ans, en cas de décès du titulaire
mais le divorce ne fait pas partie des causes de fermeture obligatoire
du plan.
-
Le plan d'épargne logement (PEL)
et le compte épargne logement (CEL)
Ces deux placements permettent à
l'épargnant d'obtenir des prêts à des taux avantageux
dans certaines situations. Une personne ne peut détenir qu'un
seul PEL et qu'un seul CEL.
Là encore, le divorce n'est
pas une cause de clôture du plan ou du compte.
-
Le contrat d'assurance-vie
L'assurance-vie est aussi un placement
destiné à une épargne de long terme. Elle bénéficie
d'un régime fiscal privilégié. Les conséquences
de la souscription d'un contrat d'assurance-vie pendant le mariage
sont plus complexes que pour les produits précédents.
Prenons le cas d'un contrat d'assurance-vie
souscrit pendant le mariage sur la tête d'un des époux
(mariés sous le régime de la communauté), avec
des deniers communs. Au moment du divorce, le contrat n'est pas dénoué,
la valeur de rachat du contrat d'assurance-vie doit être intégrée
dans l'actif de communauté. En effet, la communauté
s'est "appauvrie" en payant les primes du contrat d'assurance.
(arrêt Praslicka 31/03/1992)
Par contre, lorsque les sommes versées
par le souscripteur sur le contrat lui étaient personnelles
(s'il peut prouver que ce n'est pas la communauté qui a versé
les primes), alors il n'y aura pas lieu de réintégrer
la valeur de rachat dans l'actif communautaire.
Rédaction de la clause bénéficiaire
d'un contrat d'assurance-vie :
Un divorce peut remettre en cause la désignation
bénéficiaire d'un contrat. Si la clause bénéficiaire
du contrat d'assurance-vie désigne "le conjoint",
seule la personne ayant cette qualité au terme du contrat sera
bénéficiaire. Ainsi, l'ex-conjoint divorcé n'est
plus bénéficiaire du contrat.
Si la clause désigne "mon
conjoint Madame XXX", et si les époux divorcent, le
bénéfice du contrat n'ira pas à Madame XXX car
elle n'a plus cette qualité au moment du dénouement
du contrat. Enfin, si la clause désignait nommément
"Monsieur (ou Madame) XXX", alors c'est Monsieur
(ou Madame) XXX qui bénéficiera du contrat, qu'il y
ait eu divorce ou non.
Il conviendra donc, de modifier la clause
bénéficiaire après le divorce, si le titulaire
du contrat désire changer de bénéficiaire.
Remarque : il est indispensable pour les
époux en cours de divorce de déclarer leur contrat d'assurance.
-
Utilisation du contrat d'assurance-vie
suite à un divorce
Le divorce engendre des conséquences
financières diverses : la plupart du temps, par exemple, l'un
des époux doit payer à l'autre époux une prestation
compensatoire ou une pension alimentaire (La pension alimentaire
est destinée à couvrir les besoins alimentaires de l'un
des époux, le devoir de secours entre époux est maintenu
par le paiement de cette pension. La prestation compensatoire
doit permettre de compenser la disparité que la rupture du
mariage crée dans les conditions de vie de chacun des époux).
La prestation compensatoire, versée
par l'un des époux, fait désormais l'objet d'un versement
en capital (ou échelonné sur 8 ans). L'utilisation d'un
contrat d'assurance-vie peut s'avérer adéquate pour
l'époux-débiteur ne pouvant pas se libérer de
sa dette immédiatement. La souscription d'un contrat d'assurance-vie
garantissant le versement d'un capital pourra être envisagée.
Le juge pourra aussi imposer une garantie de paiement par l'intermédiaire
du contrat d'assurance-vie.
D'autre part, la charge de la dette est
transmissible aux héritiers du débiteur. Par mesure
de précaution, celui-ci pourra souscrire un contrat destiné
à couvrir les héritiers pour le cas où il viendrait
à décéder. Ces derniers auraient alors les capitaux
nécessaires au paiement de la dette.
-
Les comptes joints
Les comptes joints sont par essence des
biens communs. Ils sont donc partagés au moment du divorce.
- Disponibilité de l'épargne
salariale : participation et plan d'épargne entreprise
Les sommes versées par l'entreprise
aux salariés ne peuvent généralement être perçues
qu'après une période déterminée. Des exceptions
existent, et le divorce fait notamment partie des événements
permettant de récupérer l'ensemble de ses droits.
-C- Conséquence en matière de déclaration d'impôts
-
Déclaration d'impôt sur
le revenu
L'année du divorce, lorsque les
époux sont en instance de divorce et qu'ils résident
séparément, ils doivent effectuer une déclaration
séparée. Pratiquement, pendant cette année,
l'imposition se fait de la façon suivante :
-
pour la période allant du 1er
janvier à la date de la séparation, une première
déclaration commune est effectuée.
-
pour la période allant de la
date de la séparation au 31 décembre de la même
année, chacun des ex-époux effectue une déclaration
distincte.
L'année suivante, chacun des époux
effectuera sa propre déclaration.
-
Déclaration d'impôt de
solidarité sur la fortune
Lorsqu'ils sont en instance de divorce,
chacun des époux est soumis à l'ISF personnellement
et doit effectuer une imposition séparée, s'ils
sont autorisés
par le juge à résider séparément. La déclaration
porte alors, pour chacun, sur ses biens propres, droits et valeurs imposables,
ainsi que ceux des enfants mineurs. L'administration admet que lorsque
les parents divorcés d'enfants mineurs ont conjointement l'administration
légale, alors les biens des enfants seront répartis par
moitié entre les deux foyers.
-D- Conséquences en matière de réversion de la
pension de retraite
-
Pour le régime général
de Sécurité Sociale, la pension de réversion
est attribuée sous certaines conditions. Il faut avoir au moins
55 ans, être mariés depuis au moins deux ans ou alors
avoir eu un enfant né du mariage, et remplir certaines conditions
de ressources.
La pension de réversion est alors
égale à 54% de la pension du décédé.
Le conjoint divorcé, non remarié,
est assimilé au conjoint survivant. S'il remplit les autres
conditions, il aura droit à la pension de réversion.
Lorsque l'assuré était
divorcé
et remarié, la pension de réversion est partagée
entre les différents conjoints non remariés du décédé,
au prorata de la durée respective de chaque mariage. Au
décès
de l'un des bénéficiaires de cette pension de réversion,
sa part vient augmenter celle des autres conjoints bénéficiaires.
- En ce qui concerne les régimes
de retraite complémentaire, les conditions de la réversion
de la pension sont les suivantes : être le conjoint -veuf ou
divorcé- non remarié du décédé,
et être âgé de 60 ans (ou de 55 ans, mais alors
le taux de réversion sera minoré). La réversion
se fait alors à hauteur de 60% de la pension du décédé.
Les ex-conjoints divorcés sont assimilés
au conjoint survivant s'ils ne sont pas remariés. S'il y a un conjoint
survivant et plusieurs ex-conjoints, chacun a droit à une partie
de la réversion de la pension au prorata de la durée du
mariage. La suppression d'un versement de la réversion n'a pas
d'incidences sur le montant des autres versements.
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